Les 12 Règles d’Or de l’Autostop, ou comment Réussir ton Voyage en Stop

Je me déplace pratiquement tout le temps en stop et j’adore ça ! (les raisons pour lesquelles je voyage en stop) Voici toutes mes astuces pour mettre toutes les chances de ton coté et réussir ton voyage en autostop. Le stop, c’est avant tout une question de confiance mutuelle. Comment transmettre cette confiance pour motiver les conducteurs à s’arrêter ? C’est l’objectif de cet article ! En 2 mots : il faut rassurer et faciliter la prise de décision des conducteurs. L’idée, c’est d’identifier tous les freins possibles empêchant les véhicules de s’arrêter et de les lever. Avant de commencer, je tiens à rappeler que faire du stop signifie s’ouvrir à l’autre et partager ; pas un simple trajet gratuit en silence…

Check-List

#1 – cherche le bon spot
#2 – sors toujours des villes
#3 – définis ta cible
#4 – trouve la technique qui te correspond
#5 – adapte-toi au pays dans lequel tu te trouves
#6 – évite les parasites
#7 – utilise les bons outils
#8 – sois préparé
#9 – sois patient
#10 – ton plus beau sourire
#11 – écoute tes intuitions
#12 – mets ton hôte à l’aise, ou comment passer un trajet exceptionnel

#1 – Cherche le Bon Spot

En stop, tout est une question de Spot. Comprendre : THE place to be, ou le meilleur endroit ou se positionner. Crois-moi, tu sauras vite distinguer les bons spots des mauvais : en fonction du temps d’attente entre ton arrivée sur-site et l’arrêt d’un premier véhicule ! Clairement : si tu attends plus d’une demi-heure avant un premier arrêt, change d’endroit, tu gagneras du temps. En identifiant les bons spots (outre quelques exceptions) j’attends en général entre 1 et 15 minutes maximum !

Selon moi, un bon spot rassemble donc l’ensemble des points suivants :

  • La bonne direction. C’est bête à dire, mais ça arrive à beaucoup de monde surtout à l’étranger. Assure-toi d’être sur la bonne route et dans la bonne direction avant de lever le pouce !
  • Excellente visibilité. On ne te voit pas, on ne s’arrête pas. N’hésite pas à « t’imposer » sur le bord de la route pour que les conducteurs puissent t’apercevoir de loin, t’observer et évidemment te jauger. Ils ne seront pas surpris en te voyant et auront eu du temps pour réfléchir en amont.
  • Vitesse réduite. Plus un véhicule va vite, moins il prendra la peine de s’arrêter : trop compliqué (espace réduit, véhicules à l’arrière, paresse, etc.) Cible donc les endroits où les véhicules roulent le plus lentement (sorties de stations-service, feux rouges, juste avant un rond-point…) Vitesse réduite = temps d’analyse suffisant. S’il ne bénéficie pas de ce temps-là, aucun conducteur ne s’arrêtera…
  • Espace d’arrêt suffisant. Choisi un spot avec un espace d’arrêt suffisant pour que les véhicules puissent s’arrêter sans gêner le trafic (bande d’arrêt d’urgence, chemin en terre, parking, aire de repos). Cela soulagera les conducteurs et augmentera considérablement tes chances d’être pris !

#2 – Sors Toujours des Villes

Faire du stop en ville, oublie tout de suite !

  1. Premièrement, la majorité des véhicules reste en ville ce qui n’a aucun intérêt pour toi, voyageur avide de longues distances !
  2. Deuxièmement, le milieu urbain est loin d’être un climat propice à l’autostop : travail, fatigue, trafic et bouchons, manque d’espaces pour s’arrêter… Pas génial, tu en conviendras.
  3. Troisièmement, si on te voit faire du stop en ville on pensera immédiatement : « Pourquoi ne prend-il pas le taxi/train/bus comme tout le monde ? ». Pour être clair : en ville, tu n’es pas le/la pauvre petit(e) tout(e) seul(e) au bord de la route au milieu de nulle part. Mais plutôt encore un(e) autre jeune paresseux(se) profiteur(se) incapable de s’assumer tout(e) seul(e) ! Ça peut te paraitre une caricature exagérée, mais je peux t’assurer pour en avoir fait l’expérience que c’est vraiment comme ça que ça se passe. Autant l’éviter.

Une seule solution : fais l’effort de toujours sortir des villes (à pied ou en bus/métro/train de banlieue) ça payera à chaque fois. Je ne te le cache pas, c’est de loin la partie la plus laborieuse de l’autostop. Mais le nombre de véhicules allant dans la même direction que toi augmentera considérablement et tu maximiseras tes chances d’en faire partie.

#3 – Définis ta Cible

Voiture, camion, pick-up ou motoculteur ? En fonction de ta situation (pays dans lequel tu te trouves, véhicules courants, itinéraire que tu cherches à suivre, temps de trajet, nombre de voyageurs qui t’accompagnent) définis une cible adaptée et vise les véhicules qui y correspondent. Quelques exemples :

  • Si vous êtes plus de 2 autostoppeurs au Laos pour un trajet moyen, l’idéal est certainement l’arrière d’un pick-up. Facile, spacieux, rapide et le Laos en est rempli.
  • Si tu es seul au Vietnam pour un long trajet, j’aurais tendance à te recommander la cabine d’un camion.

#4 – Trouve la Technique qui te Correspond

Certains sont très à l’aise avec la part d’inconnu propre au « bord de la route ». D’autres préfèrent choisir eux-mêmes les conducteurs en les approchant sur un parking ou pendant leur plein-essence dans une station-service afin de diminuer le « risque encouru ».
Personnellement je n’ai jamais ressenti le besoin de sélectionner mes compagnons de voyage, sauf en Europe afin de rassurer des conducteurs beaucoup plus méfiants, comme en Espagne. Dans ce cas, parler préalablement avec les gens est de loin la meilleure chose à faire. A toi de choisir ce que tu préfères, en fonction de tes expériences. Il en va de même pour le stop de nuit…

#5 – Adapte-toi au Pays dans lequel tu te Trouves

En France, le geste symbolisant l’autostop est le levé de pouce. Mais c’est loin d’être un signe universel ! En Asie par exemple, on agite la main droite de haut en bas pour demander aux véhicules de s’arrêter. Dans certains pays, la notion d’ « autostop » n’existe tout simplement pas ! A toi de trouver comment faire comprendre aux gens ce que tu demandes en t’adaptant aux coutumes locales.
Petite astuce : observe comment les locaux demandent aux bus de s’arrêter au bord de la route, et reproduis le même geste en stop.

#6 – Évite les Parasites

Si tu veux que le message de confiance soit bien reçu par les conducteurs, évite tout ce qui peut potentiellement brouiller la connexion ! 3 exemples concrets :

  • Enlève tes lunettes de soleil. Sans aller jusqu’à l’expression les yeux sont le miroir de l’âme, le contact visuel est primordial dans toute relation humaine et surtout en stop. Permettre aux autres de lire ton regard est la meilleure chose que tu puisses faire.
  • Pose ton sac-à-dos à terre. Avec ton backpack sur le dos, ton aspect et ta taille sont plus anxiogènes vus de loin. Pour avoir essayé les deux options, je t’assure que tu rassureras bien plus en laissant ton sac au sol, léger et libre de tes mouvements.
  • Choisi bien tes vêtements. Le stop est certes un moyen de transport dit modeste, mais veille a toujours être propre. Question de respect. Personne ne voudrait de quelqu’un de sale et odorant dans sa voiture. Cela dit, garde une tenue vestimentaire simple, surtout à l’étranger : pas de distinction avec les locaux et aucun risque d’attirer l’attention sur tes affaires.

#7 – Utilise les Bons Outils

  • Hitchwiki ou le dictionnaire du stop. C’est un guide libre et gratuit créé pour et par les auto-stoppeurs formant une véritable communauté de voyageurs sur la toile. Jusqu’ici, 267 articles ont été écrits et modifiés par 550 auto-stoppeurs du monde entier ! En arrivant sur le site, tu peux choisir le pays sur lequel tu cherches des précisions ou des commentaires/expériences d’auto-stoppeurs dans ce pays.
  • Voyage Forum est aussi une très bonne base de données avec de nombreux articles et commentaires sur le voyage de manière générale, tous aspects confondus.  Retrouve tous mes liens utiles >>
  • Triposo + Map With Me, les 2 Apps iPhone que j’utilise en stop (10 Apps gratuites indispensables en voyage)

#8 – Sois Préparé

Je n’ai absolument jamais eu ou entendu parler d’un quelconque problème en autostop ! Cela-dit, mieux vaut être organisé si cela devait arriver. Tu te sentiras prêt, beaucoup plus confiant et donc bien moins méfiant envers les autres ; et la méfiance, ça se ressent. Pire : elle se transmet !
Petit conseil : garde toujours sur toi les numéros locaux de la police, des secours et de ton assurance. Personnellement, j’ai téléchargé et installé sur mon iPhone un document récapitulatif de tous les numéros d’urgence par pays, issu par le Gouvernement Américain. Tu peux y accéder ici.

#9 – Sois Patient !

Un véhicule s’arrêtera toujours, ce n’est qu’une question de patience et d’attitude. Personnellement, mon temps d’attente record en autostop fut de 7 heures en Andalousie, tout au sud de l’Espagne. Celui de Ludovic Hubler, tourdumondiste en autostop, fut de… 28 heures au Brésil ! Mais la patience finit toujours par payer.

#10 – Ton Plus Beau Sourire

Ça me semblait inutile de le rappeler, mais j’ai constaté que beaucoup d’autostoppeurs l’oublient…

  • Ton but : donner confiance aux conducteurs via le message implicite suivant : « Je suis une bonne personne, je suis sociable, je ne vais pas vous faire de mal ».
  • Ton meilleur outil : le sourire ! Rien d’autre. C’est dingue tout ce qu’on peut obtenir avec un simple sourire. Ce serait dommage de s’en priver !

#11 – Écoute tes Intuitions

Tout est une question de sentiments. Si tu éprouves le moindre doute quant au conducteur qui vient de s’arrêter, ne force pas les choses. Refuse poliment et attends le prochain.
C’est bien joli, mais comment je fais ? Après des mois sur la route, je me suis rendu compte que j’avais désappris à écouter mes intuitions lorsque je vivais en France. Le voyage a cet avantage de te rapprocher de toi-même, de te réconcilier avec ton fort intérieur. Écoute simplement ce que « ton petit doigt te dit » ; tu verras, cela (re)viendra très vite une fois sur la route…

#12 – Mets ton Hôte à l’aise, ou Comment Passer un Trajet Exceptionnel

Lorsque tu rentres dans une voiture, tu franchis le seuil de l’intimité du conducteur, son espace privé à lui. Même s’il a choisi de s’arrêter, l’action n’est pas anodine et elle provoque souvent une certaine gêne, un certain stress. Ton objectif en tant qu’autostoppeur : débloquer ce mécanisme. J’ai aussi remarqué que les meilleurs lifts que j’ai pu avoir étaient provoqués par mon comportement pendant les 5 premières minutes : j’avais mis mon hôte à l’aise, sans forcément le savoir. Voilà comment je m’y prends :

  • Être poli et savoir dire merci. Tout bête : en entrant dans le véhicule, offres ton meilleur sourire et remercie plusieurs fois ton conducteur.
  • Parler quelques mots en local. Lorsqu’un étranger fait l’effort de parler quelques mots dans notre langue, ça nous fait bien-sûr plaisir… et ça nous fait surtout rire ! Idéal pour créer les premières « good vibes » et débloquer une situation stressante.
  • Décomplexe ton(es) hôte(s). Au Cambodge, j’avais remarqué que la majorité des conducteurs n’osaient pas me parler. J’ai mis du temps avant de comprendre qu’ils étaient complexés par leur niveau d’anglais ou parce qu’ils se sentaient « inférieur » à moi, « touriste blanc ». Je me suis décidé à les décomplexer durant les 5 premières minutes. Faire des blagues est certes ultra efficace, mais complimenter (sans tomber dans le léchage explicite de popotin) est aussi un bon moyen de montrer aux locaux que tu reconnais et apprécies leurs culture et habitudes, sans les juger à travers tes coutumes occidentales.
  • Sois curieux ! Démontre ton intérêt pour la personne (son âge et son travail, sa famille et sa religion, ses hobbies, sa voiture, son pays, etc.) Beaucoup de gens n’osent pas poser de questions en pensant que c’est indiscret ou carrément un manque de respect… Selon moi, le manque de respect serait de rester bouche fermée pendant tout le trajet ! Et puis il y a un autre moyen (bien plus généreux) de remercier un conducteur que l’argent : c’est l’échange.
  • Ouvre-toi et partage. Rappelle-toi que toi aussi tu éveilles la curiosité, surtout à l’étranger ! N’hésite pas à parler de toi, ton voyage, ta vie, ton pays ou tes gouts avant qu’on te pose des questions. Il n’y a pas mieux pour mettre à l’aise.

L’habitude vient en stoppant. Plus tu voyageras en autostop, plus tu te sentiras à l’aise et moins tu devras penser à tous les conseils ci-dessus. L’ensemble du process deviendra naturel et tu seras un nouvel ambassadeur du voyage en stop ! On compte sur toi pour transmettre ses valeurs 😉

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